La Régression en âge est un phénomène qui semble assez extraordinaire. Elle peut être spontanée ou provoquée. Généralement lorsqu’elle est provoquée, c’est pour aller rechercher un traumatisme originel supposé, et le traiter par distanciation émotionnelle.
Une technique utilisée par les hypnothérapeutes, appelée RHV (Reconstruction d’Histoire de Vie) consiste à aller retravailler les traces émotionnelles laissées par un événement douloureux du passé. Il est demandé au Patient avant l’induction hypnotique de repenser à un traumatisme, à une façon d’être très génante et involontaire, à un problème qui tend à se représenter de façon récurrente et dont le Patient aimerait se débarasser.
Ensuite, peu après l’induction, le thérapeute va demander au Sujet de se souvenir d’une situation récente où le problème s’est présenté et puis en utilisant des ponts émotionnels kinesthésiques va tenter une régression en âge pour voir si un problème de même nature émotionnelle s’est présenté avant celui dont il est aujourd’hui question.
Le thérapeute va bien noter à chaque fois les étapes de la Régression comme autant de paliers vers les profondeurs du Passé : « Et avant » (Palier 1) … « Encore avant » (Palier N) etc…
Une fois que le problème source supposé sera identifié (car la régression ne semble plus possible) il pourra être alors traité avec le processus de désensibilisation adéquat. Puis cela fait, la personne sera ramenée à son âge d’origine en suivant excatement les mêmes paliers – que ceux qui avaient été identifiés – lors de la descente et en vérifiant bien qu’à chaque palier tout va bien pour progresser et retrouver l’âge d’origine.
Il m’est arrivé souvent des choses surprenantes avec cette méthode. De voir des personnes qui régressaient à l’état embryonnaire et prenaient une position foetale, ou d’autres qui avaient été élevées dans une langue maternelle autre que le français et qui parlaient de cette manière. Des voix et des mimiques d’enfants surgissaient des tréfonds de la personne. C’était impressionnant. Les « enfants » me racontaient leur problème actuel en tremblant, pleins de leur émotion origine. Et spontanément je leur parlais doucement en les rassurant, en convoquant par dissociation si nécessaire leur moi adulte pour aller rassurer l’enfant, le prendre et le serrer dans les bras, l’embrasser et lui expliquer qu’il a fait pour le mieux par rapport à la situation traumatisante… Des fois c’était très difficile pour moi de ne pas être submergé par l’émotion de la découverte d’un traumatisme très grave (suicide d’un parent, viol etc.).
L’objectif visé par le thérapeute dans cette pratique est que la personne puisse guérir
1/ en modifiant les émotions associées à l’événement (distanciation),
2/en acceptant ce qui s’est passé sans l’éviter et le nier,
3/ en se pardonnant d’avoir réagit comme elle l’a faite à l’époque (même si paradoxalement on peut penser que la personne n’a absolumment rien à se reprocher dans la majorité des cas la personne s’en veut de ne pas avoir réagit alors différemment) ,
J’ai pratiqué à titre personnel plusieurs régressions pour traiter des problèmes personnels liés à une adolescence difficile. L’évocation de ces problèmes suite à ces régressions ne m’est plus du tout douloureuse. A peine perceptible émotionnellement. C’est comme si des traces gênantes avaient été effacées et ne provoquaient plus aucune réaction. Ne subsiste plus qu’une considération distante des évènements, relativement neutre, comme s’il s’agissait d’ailleurs de quelqu’un d’autre.
La Régression en Age est par contre un exercice très délicat et potentiellement dangereux. Je ne le pratique plus et ne le recommande pas pour les raisons suivantes (un cher ami m’a de plus incité récemment à insister sur cette prudence) :
Ce que le sujet vit au cours de la régression n’est pas nécessairement fait d’évènements passés revécus fidèlement, mais plutôt une reconstitution basée sur la mémoire (faillible et malléable) du sujet et sur les suggestions éventuelles du thérapeute (ou d’autres personnes). Il peut toujours y avoir le risque de faire émerger des faux souvenirs, des croyances latentes, et on ne compte plus les cas d’enfants ayant accusé à tort leurs parents ou proches d’inceste etc. C’est ce qu’on a appelé le FMS (False Memory Syndrom).
Le vécu traumatique si il est mal géré (distanciation émotionnelle insuffisante) peut être ré-ancré encore plus fortement.
Les seuls véritables problèmes de « décompensation psychique» que j’ai pu constater en plusieurs années de pratique de l’hypnose l’ont été suite à des régressions en âge spontanées ou provoquées, qui ont été mal gérées.
Comme je l’ai dit dans d’autres posts, l’hypnose est un outil très puissant qui peut faire des miracles dans de nombreux cas comme des dégâts si mal pilotée. Les technique de régression sont à mon sens potentiellement dangereuses pour les raisons explicitées ci-dessus et si l’on applique un principe de précaution elles ne devraient pas être utilisées par les thérapeutes avertis – même si dans un bon nombre de cas elles peuvent s’avérer bénéfiques.
Enfin, l’hypnose peut provoquer des régressions spontanées et je me suis demandé si l’état de « transe »très naturel pour les enfants n’était pas en soi un puissant ancrage qui faisait que « vécu » à l’état adulte il pouvait naturellement avoir tendance à faire régresser vers cette enfance rêveuse si propice à la transe .




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