Qu’est-ce que le trac ?
Le trac est une peur intense qui surgit au moment de se montrer ou de prendre la parole en public. Il touche aussi bien les artistes que toute personne amenée à s’exprimer devant un auditoire : managers, chefs d’entreprise, enseignants ou étudiants.
Il s’agit d’une forme particulière de la peur, l’une de nos émotions fondamentales. Sa spécificité ? Elle se déclenche au contact d’un public. Bien que le danger soit symbolique, le cerveau l’interprète comme réel. La crainte d’être jugé, ridiculisé ou de commettre une erreur peut alors devenir envahissante.
Comme toute émotion, le trac s’exprime à plusieurs niveaux :
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Physiologique : transpiration, palpitations, gorge serrée, « boule au ventre »
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Cognitif : trous de mémoire, difficulté à trouver ses mots
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Comportemental : bégaiement, gestes maladroits, fous rires nerveux, voire malaise
Pourtant, un certain trac est normal. Huit personnes sur dix le ressentent avant de parler en public. De nombreux artistes reconnaissent même qu’il les stimule et les pousse à se dépasser. L’accélération du rythme cardiaque et l’élévation de la tension favorisent en effet la concentration et la mobilisation des ressources mentales.
Le problème n’est donc pas d’avoir le trac, mais de ne pas savoir le réguler. Bien maîtrisé, il devient un moteur puissant au service de la créativité et de la performance.
Trac et hypnose
L’hypnose est un outil particulièrement efficace pour apprivoiser cette surcharge émotionnelle et transformer le trac en allié.
Avant d’expliquer comment, permettez-moi de partager mon expérience.
Ma rencontre avec le trac… et l’hypnose
Bien avant de devenir hypnothérapeute, j’ai moi-même été confrontée au trac de manière inattendue.
Lors de vacances au sein d’une organisation conviviale, je me suis inscrite à un stage d’improvisation théâtrale. Une vraie nouveauté pour moi. Participer chaque jour à deux heures d’atelier représentait déjà un petit défi personnel. Je ressentais un trac modéré avant de prendre la parole, mais il restait gérable.
Puis arriva le jour de la représentation finale.
Cette fois, le trac était bien réel. Dès le réveil, je sentais la pression monter à mesure que le spectacle approchait — un comble pendant des vacances ! Heureusement, le lieu proposait également un atelier d’hypnose animé par un hypnothérapeute. Il y enseignait notamment la visualisation positive : se projeter mentalement dans la réussite, en mobilisant tous ses sens et en cultivant des émotions agréables.
J’ai alors pratiqué un exercice d’auto-hypnose. Je me suis imaginé sur scène, confiant, plein d’énergie. Chaque fois que le trac revenait dans la journée, je réactivais cette image intérieure.
Le soir venu, à ma grande surprise, les répliques improvisées sont venues naturellement. J’ai joué plusieurs rôles avec aisance et plaisir. Le trac avait disparu.
L’hypnose contre le trac
Aujourd’hui, en tant qu’hypnothérapeute, cette expérience reste profondément ancrée en moi. Elle me permet d’accompagner avec empathie celles et ceux qui souffrent de ce stress particulier.
Les outils sont nombreux.
La visualisation positive est l’un d’eux : se représenter avec précision dans la situation souhaitée, en pleine réussite.
Il est également possible de mobiliser ses ressources inconscientes grâce à d’autres techniques, comme :
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Le refuge intérieur : s’immerger mentalement dans un lieu sécurisant juste avant de monter sur scène ou de prendre la parole.
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L’ancrage corporel : s’imaginer comme un arbre solidement enraciné. Les racines plongent profondément dans le sol et nourrissent la stabilité, la confiance et la justesse. Le corps s’aligne, la respiration devient calme et régulière, et l’esprit retrouve sa clarté.
Enfin, lorsque le trac est lié à un événement traumatique, un accompagnement spécifique peut être nécessaire. Des approches comme le RITMO (dérivé de l’EMDR), en complément de l’hypnose, permettent de retraiter les souvenirs émotionnels restés actifs dans le cerveau. En libérant ces charges du passé, la prise de parole redevient plus sereine.
Le trac n’est pas un ennemi. Il est une énergie.
Apprendre à la canaliser, c’est transformer la peur en puissance d’expression.




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