Divers de rentrée

par | Sep 26, 2018 | Divers

Patrick Kelly

Depuis une dizaine d’années, les thérapies non médicamenteuses, telles que l’hypnose et la méditation, se développent et trouvent une légitimité. Les troubles anxieux, les dépressions, les troubles alimentaires, les addictions et les douleurs sont leurs principales indications.

Ces deux approches proviennent de deux cultures et de deux continents différents.

La méditation s’est largement inspirée du Bouddhisme. Pour séduire les occidentaux, elle devient laïque et change de nom. La « pleine conscience » est née. A vrai dire, le Bouddhisme n’étant pas une religion, nul besoin de croire pour se lancer dans la méditation. Il y a plusieurs façons d’y entrer. La recherche d’un mieux être personnel incite à fréquenter régulièrement les Dojos où l’on peut méditer à heures fixes et en groupe, soutenu par un rituel. L’entrainement et la régularité sont conseillés. L’autre entrée passe par la souffrance ou le besoin de sortir d’une dépression récurrente ou d’une douleur chronique. Là aussi, la méditation doit se pratiquer au quotidien en suivant certaines règles bien précises. Les occidentaux ne sont pas formés à ces approches qui privilégient le corps, la posture et la réduction de la pensée. Ils sont même entrainés à l’inverse en se désintéressant du corps en faveur du mental. Toute thérapie qui agit dans ce sens ne peut obtenir que de bons résultats au vu de l’origine des souffrances qui se situe dans une activité démesurée de la pensée. La recherche clinique sur la méditation confirme cette hypothèse et rapporte de nombreux travaux prouvant l’utilité d’y recourir.

Plusieurs principes bien identifiés sont contenus dans les pratiques méditatives.
faire disparaître l’ego
l’équanimité
rester dans le présent
faire une expérience
réduire l’intellect

Malgré des bénéfices bien établis pour cette thérapie, on observe une certaine réticence en France, aussi bien à prescrire ce soin, qu’à le pratiquer. L’origine extrême orientale de ce soin, fait qu’il reste étranger, voire étrange pour nos concitoyens à la recherche d’un soulagement. Il faut dépasser ces réserves pour pouvoir s’y adonner.
L’hypnose est née en France au XVIIIème siècle. Son étrangeté ne provient donc pas de son origine mais de ses incursions dans le monde du spectacle. Les réticences sont d’un autre ordre. Il faut braver certaines croyances issues du music-hall pour aller vers l’hypnothérapie. De nombreux travaux scientifiques valident sa pratique en médecine et en psychiatrie. L’hypnose ne repose pas sur un entrainement ou sur des exercices mais en priorité sur « retrouver un chemin déjà connu » et avoir plaisir à s’y aventurer. Elle pointe sur la constatation que l’individu n’est pas à sa place, ou n’est pas présent à son corps. Pour retrouver cette place, il est proposé à la personne de perdre toute prétention et toute volonté. Le « moi » agissant et contrôlant est mis en veilleuse. L’inaction ressemble au non-agir du Zen. Le mouvement qui apparaît est semblable aux mouvements d’une personne qui nage. Elle s’adapte et ne s’oppose pas. Elle fait une avec les éléments extérieurs. Pour l’hypnose aussi, certains principes sont essentiels pour induire un changement.
quitter le raisonnement
pas de jugement
ne pas s’opposer
trouver un accordage avec le thérapeute
pas de regard sur soi
favoriser les réflexes, la vitalité, l’instinct de conservation.
Les principes ont une ressemblance certaine entre hypnose et méditation. Plusieurs études affirment que les différences sont notables. La méditation propose un effort, une régularité, une implication morale affirmée. Tandis que l’hypnose joue sur l’absence d’effort, une mise en retrait de la personne qui se laisse faire par son environnement, son contexte de vie.
Dans les deux cas, une immobilisation est nécessaire. Elle favorise une confusion des sens qui ouvre sur un éventail de possibilités grâce à une mise en sommeil des émotions telles que la plainte, les regrets ou la dramatisation.
Ces deux approches ont plus à gagner à se croiser qu’à s’opposer. Hypnose et méditation mettent en évidence l’existence de deux états ou de deux modes différents d’attention. Le soulagement n’est pas accessible en mode contrôle/intellect, mais il devient possible en mode élargi /sensoriel. Dans ce mode, le langage n’apporte plus rien. Ce qui est ressenti est au-delà des mots. C’est un mode d’attention non focalisée donc indéterminée. Les longues heures passées à méditer ou les longs silences d’une séance d’hypnose poursuivent le même objectif, changer de mode par l’ennui et l’inaction pour que la personne, qui voudra bien s’y prêter, retrouve sa sensibilité première. Guidée par cette sensibilité, elle parvient à s’éloigner de ce qui la blesse, et à se rapprocher de ce qui la tient en vie. Elle est de nouveau à sa place.

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