HISTORIQUE

L’origine de l’hypnose et des phénomènes hypnotiques se perd dans la nuit des temps. On les retrace dans les anciennes civilisations comme celle des Sumériens, des druides, dans les techniques millénaires du yoga et de la méditation orientale. À ses débuts, l’hypnose fut pratiquée sous différentes formes où elle était étroitement associée à la magie et à la religion : de la Chine à l’Inde en passant par l’Egypte pharaonique, elle était au cœur de cérémonies magiques et religieuses. Certains prêtres et devins de la Grèce et de la Rome antique s’en servaient à des fins de clairvoyance et également pour soigner. Certains récits relatifs à des états hypnotiques figurent également dans la Bible, notamment dans le Livre de La Genèse. Plusieurs documents datant des années 1400 révèlent que de nombreux moines, un père jésuite notamment, des médecins et chercheurs utilisèrent des méthodes apparentées à l’hypnose pour détendre, soulager et guérir.Au Moyen-Âge, toutefois, l’Église poursuivait et condamnait pour sorcellerie ceux qui pratiquaient l’hypnose sous une forme ou sous une autre. En définitive, nous pouvons dire que la définition et la pratique de l’hypnose se sont continuellement modifiées au cours du temps, selon les époques et les courants de pensée dominants.

Ses grands personnages Frank Anton MESMER (1734-1815) L’histoire officielle et scientifique de l’hypnose voit le jour en Europe, au début du XVIIIe siècle avec le fondateur de l’hypnose moderne, le docteur Franz Anton MESMER. Il fonda la théorie du magnétisme animal ou mesmérisme que nous appelons aujourd’hui hypnose. Mesmer était persuadé que le corps humain, à l’image de l’univers, était imprégné d’un fluide magnétique invisible sur lequel il était possible d’agir.Mesmer est né en Allemagne 1734. Après avoir fait des études de droit et de théologie, il passa en 1766 son doctorat de médecine en présentant une thèse sur « l’influence des planètes sur les maladies humaines ». Il est alors âgé de 32 ans. Vers 1773, Mesmer traitait avec succès de nombreuses maladies en induisant chez ses patients un état de transe.Il découvrit que, conditionné au cours de sa transe, un sujet blessé pouvait ne plus ressentir la moindre douleur. À une époque où les anesthésiques n’existaient pas, c’était révolutionnaire. Les médecins et chirurgiens officiels demeuraient sceptiques. La plupart durent se rendre à l’évidence suite à l’amputation de la jambe d’un sujet placé sous hypnose. Et encore! Certains prétendirent que le patient faisait semblant de ne pas avoir mal!Également, durant ses traitements, Mesmer fixait intensément ses patients du regard. Il estimait que la puissance du regard favorisait le passage du fluide.

Avec Mesmer (le vrai, pas celui du spectacle), l’hypnose acquit une immense popularité. Il obtint de nombreuses guérisons spectaculaires, dont celle d’une aveugle. Cela lui valut la célébrité jusqu’à ce que ces expériences aient pris une tournure différente.En effet, ce dernier orienta ensuite ses recherches vers le paranormal. Il constata que certains sujets en état d’hypnose pouvaient révéler des dons et des talents ignorés d’eux dans la vie de tous les jours. Dans certains cas, l’hypnose pouvait même amener certains sujets à décrire des lieux inconnus d’eux ou encore des événements auxquels ils n’avaient pas participé. Tout ce volet touchant à la clairvoyance contribua à discréditer l’hypnose dans le milieu scientifique et à faire de Mesmer un personnage très controversé. Également, si les pratiques de Mesmer attiraient les foules, certains de ses agissements (ses mises en scène parfois extravagantes) provoquaient scandales et controverses. Poussé par ses médecins, le roi Louis XVI nomma alors une commission d’enquête. Celle-ci reconnaîtra les guérisons de Mesmer, mais réfutera l’idée de magnétisme. Suite à ces conclusions, l’hypnose fut interdite. Discrédité, Mesmer fut alors contraint de quitter Paris. Il mourut dans son pays le 18 mars 1815. « JE VOUS MAGNETISE » disait Mesmer. « JE VOUS HYPNOTISE » dira Braid.

Armand de PUYSÉGUR (1751-1828)

Le marquis Armand-Marc-Chastenet de Puységur, né en France en 1751, fut l’un des fidèles disciples de Mesmer. Militaire, il découvrit le magnétisme en soignant avec succès un jeune homme. Il fut le premier à communiquer avec son sujet et cette étape marqua le début de la suggestion.Un jour, lors d’une séance de magnétisme, Puységur découvrit les possibilités du sommeil hypnotique pouvant survenir au cours d’une séance de magnétisme thérapeutique. Il nomma cet état le somnambulisme magnétique. Dans cet état de conscience particulier, les sujets devenaient en quelque sorte clairvoyants et verbalisaient des hypothèses pertinentes sur leur maladie ou celles de leurs congénères. Le cas le plus célèbre rencontré par le marquis fut celui de Victor, un jeune campagnard illettré, au langage grossier. Pendant ses accès de somnambulisme, Victor parlait avec aisance dans un français impeccable et rendait des diagnostics médicaux dont la justesse surprenait les médecins.Le marquis fit de nombreuses expériences sur les plantes de son jardin et en fait, sur pratiquement tout ce qu’il pouvait toucher. Il y consacra le restant de ses jours. Afin de traiter le plus de concitoyens possibles, il magnétisa un orme sur sa propriété. Certains jours, des dizaines de paysans venus de plusieurs kilomètres à la ronde, s’asseyaient au pied de cet arbre et obtenaient le soulagement de leurs maux.Le mérite de Puységur est d’avoir démontré l’importance du sommeil magnétique appelé somnambulique, au cours duquel le patient demeure en relation avec le magnétiseur et peut ainsi se laisser suggestionner. Malgré sa renommée et ses recherches prestigieuses, Puységur sera également contesté et l’Académie des Sciences conclura à nouveau à la non existence de ces phénomènes.

James BRAID (1795-1860)

Ce médecin chirurgien écossais découvrit le magnétisme en assistant aux démonstrations d’un magnétiseur français nommé La Fontaine. Il se laissa convaincre très rapidement de la véracité des expériences de ce dernier. Cependant, il refusa la théorie du fluide et suggéra, plus tard, une théorie basée sur la physiologie cérébrale.Braid utilisait l’approche consistant à demander à ses patients de fixer un objectif brillant à 30 cm devant leurs yeux et constata que ce procédé, en provoquant une fatigue oculaire et la fermeture des paupières, était fréquemment suivi d’un sommeil particulier. Il fut convaincu que cet état ne relevait pas d’un quelconque magnétisme. Il baptisa ces techniques hypnotismes.Pour Braid, l’hypnose est un état spécial du système nerveux provoqué par des moyens artificiels permettant de plonger le patient dans un état de sommeil artificiel, mais surtout de l’influencer à des fins curatives par la suggestion. Ainsi, il énonça une théorie neuro-physiologique, selon laquelle l’hypnose pouvait être induite par la fixation visuelle et même par simple concentration de la pensée sur une seule idée. Il découvrit également que les phénomènes observés durant l’état d’hypnose pouvaient être produits par le sujet lui-même, indépendamment du thérapeute, soit par auto-hypnose.
Il utilisa l’hypnose à Londres comme thérapeutique de suggestion et pratiqua même quelques interventions chirurgicales sous analgésie hypnotique. Son mérite est d’avoir compris qu’hypnotiser relevait plus d’un savoir que d’un pouvoir et d’avoir démontré toute l’importance de la suggestion verbale.

Ambroise-Auguste LIÉBEAULT (1823-1904)

Nous sommes tributaires à Liébeault de l’utilisation systématique et à grande échelle de la suggestion verbale à des fins thérapeutiques. Il soignait principalement des pauvres gens. Il les endormait en leur répétant inlassablement des suggestions. Il ne faisait aucun diagnostic, ni examens préalables, étonnamment, ses guérisons étaient très nombreuses.

Jean-Marie CHARCOT (1825-1893)

Charcot était un neurologue très autoritaire et charismatique travaillant à la Salpêtrière. Il a décrit les divers stades de la transe. Il avait la réputation de faire des cures miraculeuses par la seule puissance de son autorité. Il percevait l’hypnose comme une sorte de psychose provoquée expérimentalement chez des gens à l’esprit faible. Comme il soignait essentiellement des hystériques, une regrettable confusion s’est installée entre hypnose et hystérie. Plus personne ne voulait se reconnaître hypnotisable. {mospagebreak} Hippolyte BERNHEIM (1840-1910). Ce professeur de l’Université de Nancy découvrit que l’hypnose constituait un potentiel présent chez tous les êtres humains et non uniquement chez les personnes atteintes d’hystérie ou de névrose. Bernheim va créer les bases scientifiques de l’hypnothérapie moderne. Ses travaux marqueront la fin du magnétisme animal. Pour ce grand chercheur, le sommeil hypnotique n’est absolument pas nécessaire pour provoquer les phénomènes hypnotiques tels l’anesthésie, la contracture, etc. Selon lui, ces phénomènes peuvent être provoqués par simple suggestion alors que le sujet est en état de veille.

Sigmund FREUD (1856-1939)

Freud a repris les observations de H. Bernheim. Pour lui, l’hypnose est un outil permettant de retrouver des souvenirs oubliés. Il mit l’accent sur le fait que la reviviscence de souvenirs traumatiques sous hypnose a un puissant effet cathartique. Mais Freud était mal à l’aise avec cette technique sachant mal gérer les émotions qui surgissaient lors des séances. L’hypnose lui a permis de découvrir la notion des forces inconscientes qui sous-tendent notre agir. Avec l’avènement de la psychanalyse, l’hypnose connut un déclin. L’hypnose actuelle est très loin de celle qui se pratiquait du temps de Freud.

Émile COUÉ (1857-1926)

Coué s’intéressa particulièrement au rôle de la suggestion verbale dans le domaine médical. Il étudia la place prépondérante de l’imagination dans le processus de guérison, appelé aujourd’hui l’effet placebo. Il développa sa propre méthode appelée l’autosuggestion consciente, basée sur la préséance de l’imagination sur la volonté, elle-même influencée par des suggestions appropriées.

Milton H. ERICKSON (1901-1980)

Psychiatre né en 1901 aux États-Unis, Erickson fût considéré comme le « père de la communication moderne ». Il révolutionna les conceptions même de l’hypnose telle que pratiquée dans le passé, de même que toutes les formes de thérapies. L’hypnose éricksonienne est née en 1937. Elle prit un essor grâce à ses élèves tels que Jay Haley, Jeffrey Zeig ou Ernest Lawrence Rossi, qui vont investiguer les fondements psychobiologiques des principes d’Erickson. La Programmation Neuro-Linguistique (PNL) de Richard Bandler et John Grinder a vu le jour vers le milieu des années 1970. Elle puise sa source et son origine dans la pratique de Milton Erickson.

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